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Algérie : Lotfi Attar de Raïna Raï à La voix de l’Oranie

SOUSTITRE

samedi 9 juin 2007, par Dznet

Toujours égal à lui-même, Lotfi Attar, le leader du célèbre groupe en Algérie Raïna Raï nous livre, dans cet entretien, non seulement ses impressions mais également une bonne dose d’énergie. Parole d’artiste !

La voix de l’Oranie : Vous considérez-vous comme un pionnier dans l’histoire du Raï ?
Lotfi Attar : Laissez-moi vous dire d’abord que mon parcours dans la musique a exactement l’âge de l’Algérie, soit 45 ans ! La musique pour moi est l’expression de l’amour que je porte à ce pays ou peut-être sa métaphore. Je reste optimiste malgré tout.
Si je continue à faire ce métier, qui dans ce pays n’en est pas vraiment un, c’est parce que je crois fermement dans l’être humain, dans l’être humain de demain. Ce que nous faisons vaut plus que de l’argent car nous apportons chaque jour, que Dieu fait, du bonheur aux gens. Raïna Raï a toujours signifié pour moi le choix du peuple, l’opinion du peuple,... Au départ, il y avait le verbe, la parole,... Depuis Adam et Eve, la musique est venue habiller cette parole...Notre musique prétend habiller cette parole, cette opinion du peuple...

V.O : Raïna Raï est l’un des groupes les plus piratés en Algérie. Quelles sont vos appréciations à ce sujet ?
L.A : Aujourd’hui, le piratage bat son plein ! Si la situation est devenue alarmante, c’est parce qu’on l’a laissée pourrir. Il faut revoir en urgence le système de protection des droits d’auteur. Quand on sait que des CD, des MP3 comportant une centaine de morceaux de Raïna Raï sont écoulés chaque jour sur le marché en Algérie, à raison de 50 Dinars l’unité, comment peut-on reprocher aux producteurs de ne pas vouloir s’aventurer ? On a fait un choix que nous assumons. Un choix certes difficile. On ne cherche pas à s’enrichir, à devenir des milliardaires. Il faut dire que l’on vit que de cela !

- L.O : Votre ville d’adoption, Sidi Bel-Abbès, occupe une place importante dans votre carrière. Parlez nous en !
A vrai dire, Sidi Bel-Abbès est pour moi un peu le berceau du Raï. Comme vous le savez, je suis originaire de Tlemcen. J’aurais pu aller naturellement vers la musique arabo-andalouse mais je me suis retrouvé dans cette ville que je considère comme une capitale culturelle. Le raï de Sidi Bel-Abbès est pour moi un peu kabyle, un peu annabi, un peu oranais, un peu tlemcénien...

L.O : Depuis la séparation du groupe, vous êtes toujours flanqué de votre saxophoniste Abderrahamne Denden, votre complice de toujours. Parlez-nous un peu de lui...
L.A : Abderrahamne Denden a non seulement le sens de l’amitié mais également l’amour du métier et la sincérité dans le travail. Il ne faut pas oublier que son défunt père était un « Maâllem », un maître du Guembri, du Diwan. C’est surtout un excellent musicien. Et lui aussi, comme moi, il y croit !

L.O : Quels sont vos projets ?
L.A : Je prépare actuellement un album sous le nom de Lotfi of Raïna Raï, car comme chacun sait le groupe Raïna Raï s’est séparé. J’ai déjà enregistré (4) quatre titres en France, à Bobigny. Mais cela est encore au stade de maquette. C’est pourquoi je cherche des gens qui veulent travailler, travailler... sérieusement s’entend !

Entretien réalisé par Mohamed-Chérif Lachichi in La Voix de l’Oranie